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Villes et villages fleuris de France

Le concours des villes fleuries : quel enjeu pour la ville ?

La Saline royale d'Arc-et-Senans accueillait les 7 et 8 juin 2001 un colloque intitulé "le jardin et la nature dans la cité". Cette rencontre visait à préciser les conditions et les enjeux actuels du jardin et de la nature en ville à partir de l'expérience et des contributions de différents intervenants dans le domaine de la conception, de la pratique, et de la gestion des espaces verts.

Le colloque était destiné aux professionnels de l'urbanisme, du paysage et de l'horticulture, aux responsables des collectivités locales, aux spécialistes des sciences sociales, mais aussi à tous ceux dont les activités et les passions sont proches des jardins.

Trois tables rondes et un débat ont été proposés :

  • Le jardin comme enjeu public : projet, histoire, idéologie ;
  • Usages sociaux et citoyenneté du jardin : territoires ;
  • Politiques vertes urbaines : de l'espace agricole au jardin.
  • Débat : la théorie du paysage et des jardins à l'épreuve des politiques.

Pour en savoir plus...

Lors de la troisième table ronde consacrée aux politiques vertes urbaines figurait l'intervention de Diane Streichenberger, urbaniste, sur "le concours des villes fleuries : quel enjeu pour la ville ?" Un sujet qui nous concerne de prime abord et dont nous devions rendre compte sur le site. Voici le résumé de son intervention :

Le concours des villes fleuries : quel enjeu pour la ville ?

Le fleurissement urbain est un micro paysage mal connu, souvent dénoncé comme un ornement kitsch, surfait... une sorte de mauvais vernis de finition à l'espace public de la ville. Bien que décriés, ces aménagements semblent plaire à l'habitant et au touriste. Ce n'est pas à l'échelle de l’agglomération ou de la ville qu'il faut s'interroger mais sur le fonctionnement à petite échelle (quartier, îlot) de ce paysage typiquement urbain. Dans ce cadre, le concours des villes et villages fleuris est la structure institutionnelle qui révèle l'importance qui est à accorder à ce fleurissement caractérisant la ville.

La dynamique du concours des villes fleuries n'est pas seulement la volonté du C.N.F.F., mais une volonté communale très forte. Les élus qui décident de concourir le font par défi ou par habitude. Toutefois, chacun est conscient que le prix obtenu est un élément majeur de son image politique et de celle de la commune identifiée par le panneau rouge et jaune placé en entrée de ville, dont les conséquences politiques, sociales et économiques sont indéniables. Ainsi, Le rôle du fleurissement est partiellement reconnu comme un des éléments d'intégration sociale de population ayant besoin d'une nouvelle reconnaissance sociale. Il apparaît aussi comme un moyen de rendre des quartiers difficiles plus agréables à vivre où les espaces plantés sont parfois bien respectés.

L'intérêt des habitants pour leur cadre de vie n'a cessé de croître ces dernières années et tout particulièrement en milieu urbain. Souvent ignorant du fonctionnement du concours et du prix obtenu par la commune, ils sont néanmoins sensibles aux efforts d'embellissement effectués dans leur quartier et dans la ville. Au-delà de cet attrait pour le domaine public, le fleurissement des parties privatives : balcon, terrasse, jardin contribue au cadre de vie général de la ville. Ils font l'objet de soins et de recherches qui sont primés dans le cadre du concours des balcons et jardins fleuris patronné par le C.N.F.F.

Le fleurissement, mais aussi les espaces verts sont par le biais du concours des villes fleuries et ses déclinaisons, un moyen de prendre conscience de son rôle dans la société urbaine. L'institutionnalisation du fleurissement et du cadre de vie par l'attribution de prix, ne se situe t-elle pas uniquement à l'échelon politique ? Le concours des balcons fleuris ne donne-t-il pas ainsi l'impression d'y intégrer la population ? De nombreuses questions sont à étudier notamment comment le concours et son rôle social aboutissent à un certain modèle paysager urbain créé pour et par le citadin. Quelles sont les raisons qui poussent les communes à une sorte de course effrénée au fleurissement ?

Diane Streichenberger

      V 4.0 - 04/03/2004